Colonie San José (Argentine), 27 mai 1876
Résumé
Dans cette lettre écrite le 27 mai 1876 depuis la colonie de San José, Jacques-François Bouvet donne des nouvelles rassurantes de sa santé et de son installation en Argentine.
Il évoque la possibilité pour sa fille de venir les rejoindre, les conditions financières du voyage et l’existence de terres disponibles pour travailler.
Il transmet également des messages à des proches restés en France et donne des consignes pratiques concernant de l’argent et des comptes.
Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.
Transcription
Colonie San José, le 27 mai 1876
Chère fille,
Je profite de l’occasion d’Eugène Garnin pour t’écrire deux mots, que nous sommes tous en bonne santé. J’espère que ma présente lettre te trouve de même, chère fille.
Je t’écris ces deux lignes pour te dire que, si tu veux venir, tu pourrais venir avec Maurice Viollaz, qui va en Europe dans le mois de juillet, pour aller chercher ses trois garçons qu’il a mis au collège de Thonon XXXXX, bonne année pour venir. Tu tireras le restant de l’argent qu’il y a tiré pour venir. Et si tu veux venir, j’écrirai à François pour qu’il te donne l’argent. Et si tu n’as pas pour venir, tu nous répondras et on donnera de l’argent à Maurice Viollaz pour venir. Et si tu ne viens pas avec lui, je ne t’en empêcherai pas, tu resteras, et Joseph pourra venir plus tard. Il y a encore assez de terrain en Amérique.
Je n’ai pas d’autre chose à te dire pour le moment. Tu sais assez ton travail. Pourtant, là, nous sommes bien, nous sommes contents d’être ici, chère fille.
Tu donneras le bonjour à ta tante Marie, et à toute la famille, et à la Marianne, et à la Colarde.
Page 2
Et tu diras à François Raquet, s’il était en Amérique, qu’il n’aurait pas besoin d’aller aux journées, il y a assez de terre à travailler. Et pour Jacari, il n’y verrait rien, parce qu’il s’amuserait toujours à aller à la chasse et à la pêche, parce que, quand même, on est en Amérique, il faut travailler.
Et tu donneras le bonjour au maire et à sa femme, et à la Gérémie de Bioge, et à la famille de sur le jardit.
Et quand tu nous écriras, tu nous diras si tu as reçu la lettre que l’on a envoyée en premier temps. Et tu diras à François que je ne lui écris pas avant que de recevoir de ses nouvelles. Et tu lui diras, quand il nous écrira, qu’il nous dise s’il a reçu la lettre qu’on lui a envoyée en même temps que la tienne.
Et tu diras à François Raguet que je regrette beaucoup qu’il ne soit pas auprès de nous.
Chère fille, je finis ma lettre en t’embrassant de tout mon cœur, ainsi que toutes les familles.
Bouvet Jacques François
Chère fille, dis à François Raguet que Magnin Ferdinand apprend le maréchal, et que nous avons le premier de ses garçons avec nous, et le petit est avec lui, et il s’est acheté de la terre, ses XXXXX.
Page3
Mon adresse :
Colonie San José XXXXX XXXXX
Argentine, province d’Entre Rio, Amérique du Sud.
Chère fille, tu n’oublieras pas le bonjour à XXX XXX de Jean-Marie, et à François, toute la famille. Et si XXX XXX n’a pas payé la moitié du XXX que j’ai payé en partant chez mon (vilarè ?), qu’il se fasse payer de suite, qu’il prenne connaissance de la somme chez mon (vilarè ?) à Thonon.
Je recommande au maire de sa bonté de m’envoyer, par Louis Borget ou par Violaz, qui vous portera de nos nouvelles, une petite bascule par XXX, et des mèches de plusieurs qualités. Il s’informera des Berlet, en leur donnant le bonjour, et leur dire que les charron et les maréchal font tout ce qu’ils XXX veulent, et une horloge à gros balanciers.
La faire ajuster à Dépierre, comme pour lui.
Je suis ton père,
Bouvet Jacques François
Page 4
Tu feras des comptes à XXX, que j’ai été bien content des siens à Thonon quand on est partis, et tu feras réponse de suite quand tu auras su les nouvelles.
📄 Consulter la lettre originale (PDF)
(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)
