Colonie Esperance (Argentine) le 5 septembre 1876

Résumé

Dans cette lettre datée du 5 septembre 1876 et écrite depuis la colonie d’Espérance, François Dutruel répond à son frère au sujet de la vente de sa part de terrain et de l’argent qui doit lui être envoyé.
Il évoque la procuration qu’il a déjà fait parvenir, les frais engagés et les difficultés financières du moment.
Il suggère de reprendre contact avec un acheteur potentiel afin de régler l’affaire plus rapidement.
Il explique comment cet argent aurait pu être utilisé dans des activités commerciales locales, puis donne des nouvelles rassurantes de sa santé et de celle de ses enfants avant de conclure par ses salutations.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie Esperance le 5 septembre 1876

Cher Frère,

Je réponds à la lettre que je viens de recevoir le 4 septembre, par laquelle tu me dis que tu étais sur le point de m’envoyer l’argent de ma cote-part que tu as voulu m’acheter. Pour cette chose, j’ai sacrifié 42 francs pour t’envoyer la procuration, et d’après ta réponse, me fait croire qu’elle est perdue ou peut-être négligée dans un coin. Donc je ne suis guère disposé à en refaire une autre, vu que l’argent est si rare dans ce moment.

Plus que cela, entre frères tu me connais. Je ne suis pas un homme de deux paroles. Ce que j’ai dit, c’est dit. Donc tu n’as qu’à te fier à moi et faire comme tu croiras le mieux. Si peut-être ton idée a changé et la procure soit réellement perdue, tu connais Mᵣ Joseph Maxit, de la Chapelle, qu’il a eu l’intention de m’acheter ce terrain. Tu ne risquerais rien de lui en reparler et qu’il tâche de m’envoyer l’argent au plus tôt possible. Tu t’arrangeras du mien avec lui comme si c’était moi-même, car si j’avais reçu mon argent plus tôt, j’en aurais tiré un bon parti, vu que la banque était fermée et que j’aurais pu gagner le double en me servant de cet argent pour marchander et revendre du bois à brûler pour les moulins à vapeur.

Sois assuré, cher frère, qu’aussitôt que j’aurai reçu mon argent, soit d’un côté soit d’un autre, je vous enverrai le reçu avant de finir. Si cela te donne de grands embarras, laisse-le comme il est, et un jour que je serai disposé, je m’en irai revoir mon pays pour régler mes affaires.

Quant au reste, je n’ai pas grand-chose à te dire, que je marche tranquillement mon train, et ma santé est bonne, grâce à Dieu, et je souhaite que la tienne en soit de même. Mes enfants se portent bien tous.

Reçois les salutations de ton dévoué frère.

 

François Dutruel

P.S. J’ai reçu il y a quelques temps de l’argent de ma femme défunte. Qu’il ne m’a couté que 18 frs de frais et que la somme était plus conséquente
François Dutruel

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