Esperanza (Argentine), le 03 août 1875
Résumé
Dans cette lettre datée du 3 août 1875 et écrite depuis la colonie Espéranza, Marie Dutruel répond à son frère au sujet d’un partage de biens familiaux et confirme sa décision concernant sa part d’héritage.
Elle demande l’envoi d’un fourneau par l’intermédiaire d’un voyageur venant d’Europe et s’informe de questions religieuses, politiques et agricoles dans son pays d’origine.
Elle décrit également les difficultés rencontrées l’année précédente en Argentine, notamment les dégâts causés par une invasion de sauterelles, tout en soulignant que la nourriture ne manque pas.
La lettre se termine par des salutations adressées à la famille restée en Europe.
Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.
Transcription
Colonie Espérance le 3 août 1875
Mon très cher frère,
J’ai reçu ta lettre le 1er courant et je m’empresse de te répondre.
Tu me parles dans ta lettre comment je veux faire avec ma part de chez Lorson. J’ai donné ma parole et je ne la retire pas. Pour ma part, tu la partageras entre toi et ma sœur Marie, et pour ce qui me vient d’Antoine, tu y garderas.
Sur le fourneau que je vous avais demandé, vous me l’enverrez. Je me suis aperçu que le frère de Victor Valloin allait venir. Vous pouvez le lui confier, car tous ceux qui sont venus en Amérique dernièrement de Féternes, nous sommes tous voisins. Pour le fourneau, il n’a pas besoin d’être tant gros. Tu achèteras le numéro 3.
Maintenant, quand tu réécriras, tu me diras de la manière qu’il faut que je fasse pour que ce papier soit valable.
Tu me parles de mon frère François, de la procuration. Je n’en savais rien, c’était la première nouvelle, car jamais mon frère ne m’en avait parlé.
Mon très cher frère, dans ta lettre tu ne me parles ni de la récolte ni du culte, ni de la manière dont la religion marche chez nos voisins les Suisses, ni du gouvernement, car ici on est très curieux de tout savoir.
Ici, l’année passée a été très mauvaise, nous avons été tout ravagés par les sauterelles. Il en tombait comme quand il neige fort chez nous. Quoique cela, il n’y a pas misère, mais c’est une mauvaise saison. Le pain ne manque pas et il n’est pas cher.
Tu feras part de cette lettre à ma sœur Marie et à sa famille. Le bonjour à ma sœur Marie et à sa famille. Toute la famille s’unit à moi pour vous donner le bonjour, et tu donneras bien le bonjour à ta femme et à tes enfants.
Je suis pour la vie votre dévouée sœur,
Marie Dutruel
