Esperanza (Argentine), le 30 juillet 1863

Résumé

Dans cette lettre datée du 1er mars 1876 et écrite depuis la colonie d’Espérance, Marie Dutruel répond à son frère Joseph au sujet d’un partage de biens familiaux, réaffirmant sa décision de renoncer à sa part en faveur de ses proches.
Elle évoque également la possibilité de régulariser la situation par un document officiel transmis ultérieurement.
Elle décrit les difficultés agricoles rencontrées depuis plusieurs années à cause des invasions de sauterelles, tout en donnant des nouvelles rassurantes de la santé de la famille et en adressant ses salutations à ses proches restés en Europe.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie Espérance le 1er Mars 1876
à Joseph Dutruel (Féternes)

Mon cher frère

Je profite de l’occasion de Jean Laperouza pour t’envoyer ces quelques lignes, et en répondant à ta lettre datée du 1er novembre, par laquelle tu me demandes toujours sur cette petite affaire de chez Lorson.

Eh bien, je voudrais, comme je vous ai toujours dit : tu garderas la part d’Antoine pour toi, et ma propre part vous vous la partagerez entre les deux. Maintenant, ne revenez plus sur ce sujet, car j’en ai honte.

Pour le papier, l’année prochaine, il doit aller quelques pays vous retrouver. Je m’arrangerai avec un, pour qu’il puisse vous donner quittance.

Pour faire comme tu me dis, parce que j’ai peur qu’en faisant XXX à un pour qu’il vous vende, qu’il y vende tout à un et qu’il me coyonne. Ainsi, vous attendez l’année prochaine.

Vous autres, vous vous plaignez de la mauvaise récolte en Europe, et nous autres on est très heureux. Déjà trois années suivies qu’on est ravagés par les sauterelles qui ne nous laissent rien. Ainsi, vous pouvez comprendre si l’on chante toujours.

Maintenant, pour la famille, tout va bien, on est tous en bonne santé, et on désire que vous soyez de même.

Je finis ma lettre en vous embrassant et je suis pour la vie,

Ta sœur dévouée
Dutruel Marie

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