Esperanza (Argentine), le 1er juillet 1888
Résumé
Dans cette lettre datée du 1er juillet 1888 et écrite depuis Esperance, Marie Dutruel donne des nouvelles rassurantes de sa famille, dont les enfants sont désormais mariés et établis.
Elle annonce le décès d’un de ses frères, survenu plusieurs années auparavant, puis évoque brièvement des questions de succession.
Profitant du voyage d’un proche en Europe, elle demande l’envoi d’un fourneau muni d’un robinet afin de faciliter sa vie quotidienne.
Elle conclut en exprimant ses regrets de ne pouvoir voyager en raison de son âge, en adressant ses salutations à sa famille et en demandant des nouvelles détaillées de leurs foyers.
Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.
Transcription
Esperance le 1er juillet 1888
Cher frère et sœur
Je t’écris aujourd’hui pour te faire savoir de mes nouvelles qui sont très bonnes pour le moment.
Je désire que la présente vous trouve de même. Mes enfants sont d’abord tous mariés et tous ont de la famille, et tous ont bonne santé, et vous font beaucoup de compliments et vous souhaitent beaucoup de prospérité et de bonheur.
Je vais aussi vous apprendre la mort de notre frère. Il est mort le 6 janvier 1871.
Pour XXX mes droits de succession, je ne vous en parle pas. Seulement Charles George, qui va faire un tour en Europe, envoyez-moi un fourneau qui ait un robinet, parce que je suis vieille. C’est pour avoir tout le temps de l’eau chaude pour faire le maté. Après, je vous délivrerai la quittance. Vous y ajouterez aussi pour les frais de transport du fourneau.
J’avais presque envie de vous faire une visite, mais l’âge ne me le permet pas, mais c’est la même chose. Je vous souhaite toute sorte de prospérité et de bonheur. Je te recommande de faire passer ma lettre à ma sœur Marie, et vous ferez les frais pour les deux et vous en partagerez ce qu’il me revient les deux.
Et vous me répondrez les deux le détail de vos deux familles.
Charles George vous donnera plus ample détail.
