Esperanza (Argentine), le 3 mai 1874

Résumé

Dans cette lettre adressée à son frère, Marie Dutruel, veuve Roland, donne des nouvelles de sa vie en Amérique et de plusieurs membres de sa famille.
Elle mentionne le mariage de son filleul et celui de Claude, ainsi que la naissance de leurs enfants et leur installation dans différentes provinces.
Elle profite du voyage d’un cousin pour demander l’envoi d’un fourneau et l’organisation d’un partage concernant un bien familial resté en Europe.
Elle souligne également la rareté des correspondances reçues depuis son départ et conclut en adressant des nouvelles rassurantes de sa santé et de celle de sa famille, accompagnées de paroles affectueuses à son frère.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie Espérance 3 mai 1874
Pour Joseph Dutruel – Féternes

Mon cher frère,

J’ai appris que notre cousin Eugène voulait venir faire un tour en Amérique.

Mon cher frère, par cette occasion qui ne pourrait pas être meilleure, je te prie de me faire un cadeau : de m’envoyer un fourneau n° 2 ½ ou 3, entre toi et ma sœur. Et puis, quand il se retournera, il vous emportera le billet fait en règle de ce qui me revient chez Lorson, parce que ce n’est pas moi qui me veux y retourner chercher ce qui me revient ; là-bas, vous vous y partagerez entre les deux.

Ton filleul est marié avec une fille de Marin, nommée Josephte Burnat, la nièce à Louis Floret dit carri…
Il a trois enfants et ils sont tous bien portants, mais il n’est plus avec moi. Il est dans une province à côté, celle d’Entre-Rios. Ils vous font tous des compliments, sa femme aussi…

Claude n’est plus avec moi non plus, il est marié avec une Italienne. Il a trois enfants aussi et ils sont tous bien…

Depuis que je suis en Amérique, je n’ai jamais reçu de lettre, sauf celle de l’année passée, quand tu as écrit à mon frère François et à moi. C’est la toute seule.
Je me porte bien. Toute ta famille aussi, je désire que tu te trouves de même.

Tu me répondras de suite sur ce que je te demande.
J’espère que tu ne me refuseras pas.

Pour la vie, ta dévouée sœur,

Marie Dutruel veuve Roland — Marie

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