La Vernaz – Jacques François Bouvet – 1829 – 1901
La fille Marie Louise Bouvet – 1853 – 1910

Colonie Hoker (Argentine), 14 avril 1901

Résumé

Maurice Blanc écrit à Marie Louise Bouvet, fille de Jacques-François Bouvet, pour l’informer que la procuration qu’elle a envoyée ne peut être utilisée car elle n’a pas été établie devant notaire.
Il indique que la succession est en cours de règlement, avec une estimation des parts et des dettes encore à préciser. Le partage ne peut être finalisé tant que la situation des fonds laissés en Europe n’est pas connue.
Il demande donc une nouvelle procuration conforme, validée par les autorités compétentes, afin de pouvoir enregistrer définitivement le partage.
La lettre montre les difficultés administratives et juridiques rencontrées dans la gestion d’une succession entre la France et l’Argentine.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie Hoker, le 14 avril 1901

Chère Marie Louise,

Encore une nouvelle contrariété.

La procuration que tu m’as envoyée ne peut pas servir parce qu’elle n’a pas été faite par notaire.

Nous avions tout partagé, meubles et immeubles, et j’avais déjà vendu la plus grande partie à un très bon prix.

Si l’accord que nous avons fait à l’amiable demeure, sa part s’élèvera à environ 5 000 francs, desquels il y aura à déduire 2 000 francs de dettes. Ce dernier chiffre n’est qu’approximatif parce que les dettes ne sont pas toutes connues.

Tes frères ne peuvent partager définitivement avant de savoir l’argent que le père a laissé en Europe.

À cet effet, demande au procureur s’il y a encore quelque argent à toucher. Dans ce cas, dis-moi la somme qui reste à toucher.

Je pourrai alors m’arranger avec tes frères en leur payant leur part.

La nouvelle procuration devra être faite devant notaire, envoyée au Consulat Argentin pour la traduction et me la renvoyer ensuite, et cela le plus vite possible parce que l’on n’attend qu’après elle pour que le partage soit définitif et enregistré.

Je t’envoie ci-joint le brouillon de la procuration générale.

En attendant de tes nouvelles au plus vite, je te serre cordialement la main ainsi qu’à toute ta famille.

Aussitôt tout terminé, je t’enverrai l’argent si tu le désires parce que j’ai tout vendu au comptant.

N’oublie pas de faire signer la procuration par ton mari aussi.

Ton ami dévoué,
Maurice Blanc

📄 Consulter la lettre originale (PDF)
(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)

Le rôle du consulat dans les démarches

Dans cette lettre, Maurice Blanc précise que la procuration doit être : validée et traduite par le consulat argentin
Au début du XXᵉ siècle, pour les actes entre deux pays :

  • les documents doivent être reconnus officiellement
  • les traductions doivent être certifiées

👉 Le consulat joue un rôle essentiel :

  • vérifier l’authenticité des documents
  • assurer leur validité dans l’autre pays
  • garantir la conformité juridique

Une étape obligatoire

Sans cette validation :

  • les actes ne sont pas acceptés
  • les procédures sont bloquées

👉 comme ici, où la succession ne peut être finalisée

Conclusion

Le passage par le consulat montre :
➡️ la complexité des démarches internationales
➡️ la dépendance aux autorités administratives
➡️ et les délais importants pour régler une succession à distance

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