Colonie de San José (Argentine), 1er mai 1879

Résumé

Dans cette lettre écrite le 1er mai 1879 depuis la colonie de San José, Jacques-François Bouvet répond à une correspondance reçue quelques mois plus tôt et donne des nouvelles de sa famille, indiquant notamment que deux proches se sont mariés et que tous sont en bonne santé.
Il adresse à son correspondant des vœux sincères de bonheur et de prospérité, évoque l’amitié qui les lie et regrette l’éloignement qui les empêche de se rendre service.
Il demande également des nouvelles de personnes restées en France.
Il exprime également son regret d’être arrivé trop tard en Amérique.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie de San José le 1er mai 1879

Cher ami joseph

J’ai tardé de répondre à ta lettre datée du 29 octobre 1878, c’est pour pouvoir te dire que Célestin et joseph sont marié tous les deux et que nous sommes tous en bonne santé, toute la famille grâce à Dieu.

Cher ami, je viens te présenter mes souhaits et te prie d’agréer les vœux que j’adresse à la providence pour qu’elle vous accorde le bonheur et la prospérité que vous méritez si bien. Puisse t’elle éloigner de vous les malheurs inséparables de la vie humaine et vous accorder sa divine protection.

Ma femme partage tous mes sentiments et me charge de te les exprimer. L’amitié dont tu veux bien honorer est pour nous un bien précieux. Je tâche de m’en rendre digne et j’ose espérer pouvoir le conserver tant que je vivrai, non seulement par ma conduite, mais encore par le dévouement des nous rencontrer en moi et en toutes circonstances.

Je voudrais bien trouver l’occasion de vous être utile, mais hélas nous sommes trop
éloignés des uns et les autres.

📄 Page 2

Cher ami, il me ferait plaisir d’avoir des nouvelles de Paris et celle de Jean-Pierre
Hauteville Petijean, qui est à l’asile des invalides à Paris, savoir s’il est mort ou ce qu’il fait.

Tu me parles des photographies. Nous ne pouvons pas pour le moment, mais plus tard vous les aurez, parce que celui qui les tire ne les tire pas comme il faut.

Cher ami, je n’ai pas d’autre à te dire pour le moment, sinon que nous n’avons pas eu une minute d’ennui. Tout le repentir que nous avons, c’est d’être venu 10 ans trop tard en Amérique. Ici, il n’y a pas moyen d’avoir faim, sauf celui qui ne travail pas, ou ne voit point passer de pauvre, et on ne voit point de neige.

Je suis ton ami
Bouvet Jacques François

Mon adresse
Mr Jacques François Bouvet
à la colonie de San José
province d’Entre-Rios
Amérique du Sud
par Villa Colón

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(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)

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