Colonie San José (Argentine), 15 mai 1877

Résumé

Dans cette lettre écrite le 15 mai 1877 depuis la colonie de San José, Jacques-François Bouvet informe ses filles de la bonne santé de la famille et de leur situation en Argentine.
Il évoque le départ de proches, des tensions liées à ces décisions et les conséquences économiques qui pourraient en découler.
Il exprime son incompréhension face à certains reproches formulés depuis l’Europe.
Il adresse ses vœux de bonne fortune à sa fille tout en la confiant à la protection divine.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Colonie de San José, le 15 mai 1877

Chères filles,

Je profite de l’occasion de Chevallay François, de St Paul, qui te remettra la lettre, et celle à François qui est dedans, que tu remettras tout de suite, pour le faire savoir de nos nouvelles qui, grâce à Dieu, sont très bonnes pour le moment. Je désire que la présente te trouve de même.

Nous ne nous ennuyons de rien et nous sommes très bien et contents d’être en Amérique,
et je pense que tu es contente aussi d’être en Europe.

Ta mère t’a écrit et nous n’avons point reçu de réponse. Je n’ai pas de chose à te dire qui soit nouvelle. Seul XXXXX n’est plus avec mon Elélie. Ils font à la moitié avec Jacques Boujon de Champanges. Ils sont partis sans raison, qui ne trouvent de ne gagner pas assez avec nous.

Il y a fait sans en parler à l’Élie, et elle doit accoucher au mois de juin. On lui avait fait l’offre que l’Élie et lui partageraient avec tes frères des bénéfices que l’on ferait sur la terre et 50 bêtes, que vaches que veaux.

Je pense que le repentir n’est pas loin.

📄 Page 2

Je ne te dis pas d’autres choses, parce que sur ta lettre qu’on a reçue la dernière, vous nous prenez pour des menteurs. Il ne vaut pas la peine de dire des mensonges de si loin.

Tu prendras la peine de demander à Chevallay François, porteur de la lettre, ce que c’est que l’Amérique et comment nous nous portons.

Chères filles, nous te souhaitons une bonne fortune, moi et la mère, à la XXXX de Dieu.

À Dieu,

Ton père et ta mère,
Bouvet Jacques-François

Tu donneras le bonjour à la Magritte Péclet et à toute la famille, et à François Raguet, et comme Jules Berger et sa femme de Porte, et Ambroise.

Xavier te donne bien le bonjour, et à la famille de Claude Matringes.

Mon adresse est à la colonie de San José,
Confédération Argentine, province d’Entre-Rios,
par Villa Colón, Amérique du Sud.

Chères filles, comme je ne suis pas près de toi, le présent porteur de la lettre t’embrassera
pour moi. Garin Françoise.

Tu n’oublieras pas le bonjour à ta marraine et à la Marianne, pour le remerciement des bons propos qu’elle a tenus après moi. En Amérique, on sait tout.

François Raguet ne m’a pas répondu. Donne-lui le bonjour.

📄 Consulter la lettre originale (PDF)
(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)

Vues : 4