Colonie de San José, le 28 octobre 1880
Résumé
Dans cette lettre écrite le 28 octobre 1880 depuis la colonie de San José, Jacques-François Bouvet informe sa fille des démarches administratives entreprises pour faire valider une autorisation officielle, nécessitant plusieurs signatures entre la colonie, Buenos-Aires et l’Uruguay. Il souligne les coûts et les retards de cette procédure et encourage sa fille à venir en Argentine si la situation n’aboutit pas.
Il donne ensuite des nouvelles de la famille, annonce la naissance récente d’un enfant chez Jean-Louis et Élie, évoque les travaux agricoles en cours et demande des nouvelles détaillées du pays. La lettre se termine par des salutations aux proches et une inquiétude persistante concernant la situation de sa fille.
Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.
Transcription
Colonie de San José, le 28 octobre 1880
Chère fille,
Je t’écris ces deux mots pour te dire le retard qu’il y a à ce que vous receviez la permission, qui, je me pense, vous attendez bien. Mais je ne puis faire autrement. Aussitôt que je l’ai reçue, je l’ai fait signer au président de la municipalité. Je l’ai fait porter au consul français à Buenos-Aires, qui l’a renvoyée pour la faire signer à l’écrivain public et au président de la Chambre à l’Uruguay. À présent il a mis sa démission. Il ne la signe pas avant qu’il n’y en ait un autre de nommé pour la renvoyer au consul, qui l’enverra au maire de La Vernaz.
Chères filles, si tu savais toutes ces courses, combien elles coûtent, tu aurais bien mieux fait de suivre tes parents, car on ne sait rien comment tu te comportes avec tout ça. Je connais ta mère : elle vieillit à cause de cela. Elle en parle tous les jours : « Qu’est-ce que la Marie devient ? »
Vous recevrez, si elle ne s’arrête pas au consul, d’ici quinze jours ou trois semaines, votre pièce. Si elle n’est pas validée, vous ne m’en parlerez plus. Vous viendrez en Amérique, on vous mariera sans embarras.
Grâce à Dieu, nous nous portons très bien tous, ainsi que Jean-Louis et l’Élie, qui a eu une fille il y a quinze jours. Elle désire que, si tu enfantais une fois, tu n’aies pas plus de peine qu’elle.
Nous désirons que la présente vous trouve de même, parents et amis. Tu donneras le bonjour à mon oncle Jean-Marie et à François.
Aussitôt que vous aurez reçu vos pièces, vous écrirez de suite par une lettre bien détaillée des nouvelles du pays, surtout de la commune.
Nous commençons demain de moissonner.
On attendait des nouvelles de tes tantes ; nous n’en avons point reçu.
Pas autre chose à vous dire pour le moment.
Tu donneras le bonjour à la famille Matringe.
Je finis en t’embrassant de tout notre cœur.
Ton père et ta mère,
Bouvet Jacques-François
Cher Félie, fais donc un peu attention, car je crois que c’est le maire qui fait tous ces embarras, car il ne fait que des embarras. Il n’y aurait pas tant de choses pour vous marier.
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(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)
