La Vernaz – Jacques François Bouvet – 1829 – 1901

Colonie Hoker (Argentine), 1888

Résumé

Dans cette lettre écrite vers 1888 depuis la colonie Hoker, Jacques-François Bouvet donne des nouvelles de plusieurs membres de la famille installés en Argentine.
Il évoque notamment Françoise Borget, qui propose d’accueillir sa sœur Marie si elle souhaite venir pour quitter la misère en Europe.
Bouvet parle aussi de la vie quotidienne dans la colonie, de ses déplacements à cheval et de l’installation de Joseph, qui a acheté deux concessions grâce aux biens de sa femme.
Il souligne enfin que les enfants grandissent bien en Amérique, preuve selon lui des bonnes conditions de vie dans la colonie.

Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.

Transcription

Lettre estimée vers 1888

Chère fille,

Je viens de voir la Françoise Borget qui me dit de lui envoyer la conduite de sa sœur Marie et de lui dire si elle est encore à La Vernaz, qu’elle soit à la misère. Si elle veut venir, qu’il y a du pain assez pour elle et elle sera bien reçue. Alors elle fera comme elle voudra, que ce ne soit pas à repentir.

Elle la reçoit avec grand plaisir. La Françoise et son mari, ils ont deux concessions et une bonne maison de deux appartements, en briques, toute neuve. Crois-moi qu’elle serait bien.

J’ai oublié de donner le bonjour aux deux vieux Cursat, à François et Alexandre, que je suis plus vieux qu’eux et que je me porte aussi bien que quand je suis parti.

Tu diras à Victor Morel que je conduis aussi bien le char que quand on était ensemble, mais je ne m’en mêle plus. C’est François et Albert qui y vont avec. Moi je vais à cheval. 20 kilomètres, je reste une heure et trois quarts pour les faire à cheval.

À cause de la pluie du 23, la lettre est en retard de quatre jours.

La Françoise serre la main de sa sœur Marie.

À Dieu

Jacques François Bouvet

J’ai oublié de vous dire en tous les cas, Joseph n’est plus avec nous. Avec les avoirs de sa femme il a acheté deux concessions. Il est à deux kilomètres loin de chez nous et il ne faudrait pas que ce soit lui qui vous gêne.

Il a quatre enfants et qui en viennent bien, car on ne peut pas trouver un pays où les enfants s’en viennent mieux qu’en Amérique, et je te dis que l’aîné chasse déjà les bœufs à la charrue.

Ton père
Bouvet

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(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)

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