La Vernaz – Jacques François Bouvet – 1829 – 1901
Colonie Hoker (Argentine), 27 mai 1891
Résumé
Dans cette lettre écrite le 27 mai 1891 depuis la colonie Hoker, Jacques-François Bouvet explique le retard de sa réponse par le remariage de Marie, veuve de Claude Degenève, avec François Blanc de Révroz.
Il donne ensuite des nouvelles de la famille, évoque les récoltes de l’année et quelques affaires familiales liées à une propriété appelée la Nicolarde.
Il termine en évoquant les ventes de blé réalisées dans la colonie, qui témoignent de la prospérité agricole de certains colons savoyards.
Note sur la transcription
Cette lettre a été transcrite mot à mot, dans le respect de l’orthographe, de la syntaxe et des formulations d’origine.
Les passages signalés par XXX ou XXXXX correspondent à des mots ou expressions illisibles ou impossibles à déchiffrer avec certitude.
La ponctuation et les majuscules ont été ajustées uniquement lorsque cela était nécessaire à la lisibilité, sans modifier le sens du texte.
Transcription
Colonie Hoker, le 27 mai 1891
Chère fille,
Tu pardonneras le retard que j’ai pris de répondre à ta lettre datée du 18 mars que grâce à Dieu nous a trouvés en bonne santé toute la famille. Je désire que la présente te trouve de même.
Le retard que j’ai pris, c’est le remariage de la Marie, veuve de Claude Degenève, notre filleule de baptême. À présent moi et ta mère aujourd’hui nous sommes parrain et marraine.
Le mariage avec François Blanc de Révroz, dit le Maygini, qui tient 4 concessions payées. Il ramasse toute sa famille. Elle a réussi.
Les Degenève sont premiers chez nous. On a bâti et fermé 40 journaux de terre pour travailler.
Chère fille, grâce à Dieu nous avons eu une bonne récolte de blé, mais peu de maïs. On commence à boire le vin.
Albert a eu une fille le 15 avril dernier, qui s’en vient bien. François est encore à Paysandú. Il a pris l’état de maréchal. Il va rentrer avant peu.
Maintenant pour la pièce Survey que mon beau-père Maurice Garin avait achetée de Montmélian s’étant à la Nicolarde, parce que l’hypothèque que mon beau-père avait posée valait plus que la terre. Nous ne l’avons pas mise en point de partage et ta tante Julienne le sait bien. C’est pour rebondifier la Nicolarde.
Chère fille, pour la commission que tu avais préparée en fait de graines, tâche moyen de les envoyer à la première occasion. Mais pour la cotonne, ce n’est qu’au rapport qu’elle est meilleure qu’ici. Il ne faut pas que ça te fasse nécessité, seulement du coton blanc pour des bas pour ta mère et pour un tricot comme j’avais envoyé les échantillons au vicaire. Il nous fera assez plaisir, mais il ne faut pas te priver pour nous l’envoyer.
Si ceux à qui tu donneras la commission pouvaient te faire de l’avance d’argent, on les rembourse en arrivant.
Chère fille, je sais que tu m’as envoyé un chapeau par la Degenève. Je ne l’ai pas encore vu. Il est resté à la place avec les siens dans une maison à cause du mauvais temps. Je te remercie bien en attendant.
Il nous a bien fait de la peine d’apprendre que tu as risqué de perdre la vue, mais aie toujours la confiance en Dieu et en la Sainte Vierge.
Tu feras lire la lettre à François, à mon oncle. Pourquoi il ne m’a pas répondu depuis il y a 5 ans que je demandais les comptes détaillés afin que je puisse les disposer entre les deux. Je pense que les comptes se feront et que je recevrai une prompte réponse.
Pas d’autre chose pour le moment. Tu donneras le bonjour à parents et amis, à tous ceux qui parleront de nous.
Moi et ta mère nous sommes grâce à Dieu en parfaite santé. Tous tes frères et belles-sœurs te donnent bien le bonjour. Ta belle-sœur désirerait bien te voir.
Le bonjour à mon oncle Jean-Marie et à Victor Morel et Cursat et sa femme.
Ton père et ta mère chéris
Jacques François Bouvet
Texte vertical
Chère fille, j’ai vu en passant le chapeau de ta mère avec un ruban de la fête, joli. Je te remercie. Fais que Dieu soit ta prospérité.
Ton père
Bouvet Jacques François
Pour le blé que nous avons vendu cette année pour la valeur de 7500 francs. Nos voisins les Maygini en ont vendu pour 20000 francs. Entre les frères et François, celui qui marie la Marie en a pour sa part 6668 francs. Il a plus de terre que tout le village de chez Marfaut. Je dis la vérité, croyez-moi si vous voulez.
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(document d’archive, écriture manuscrite d’origine)
